Yuan Jai

(Centre Pompidou)


/ Expositions

Jusqu’au 27 avril, le Centre Pompidou expose le travail coloré et fantasmagorique de l’artiste taïwanaise YUAN Jai.

Yuan Jai produit des œuvres de grand format à l’encre sur soie, support qu’elle apprécie pour les déformations du motif autorisés par sa fluidité, les reliefs de sa trame et sa capacité à soutenir le poids des couleurs obtenues à partir de pigments minéraux (azurite, vermillon, orpiment, malachite). La couleur éclatante répond au souci du détail, l’expansion jubilatoire et organique des formes à la maîtrise du tracé acquise par une longue pratique de la calligraphie. Paysages luxuriants, bestiaires fantasmagoriques, éléments biographiques et motifs contemporains s’entremêlent de références à l’histoire de l’art occidental et chinois.

Revendiquant son autonomie et la singularité de son expression, Yuan Jai occupe une place centrale dans l’art contemporain taïwanais. Elle travaille à rebours des dualismes qui imprègnent les récits occidentaux de la modernité : ligne et couleur, tradition et innovation, écriture et visualité. Les références qui traversent son œuvre ne sont jamais des errances nostalgiques, mais bien plutôt les points d’ancrage d’une préoccupation fondamentale interrogeant les possibilités plastiques d’un récit culturel complexe.

Yuan Jai est une artiste taiwanaise née en 1941 à Chongqing (Sichuan). Son père, militaire et lettré, est proche de Tchang Kaï-chek et la famille déménage à Taiwan en 1947. Elle étudie la peinture chinoise au département beaux-arts de l’université Normale Nationale de Taïwan, puis l’histoire de l’art et la restauration à l’université de Louvain et à l’Institut royal du patrimoine artistique, à Bruxelles. De retour à Taiwan après des études complémentaires au British Museum et dans diverses institutions américaines, elle travaille au département de restauration – dont elle deviendra directrice – au musée national du palais de Taipei pendant trente ans avant de se consacrer à sa pratique artistique. Elle vit et travaille à Taïwan avec son mari le cinéaste Richard Yao-Chi Chen, maître de la Nouvelle Vague taïwanaise.


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