Claudia Andujar, La Lutte Yanomami

(Fondation Cartier et #RestezChezVous)


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Évènement passé

La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente la plus vaste exposition jamais consacrée à l’œuvre de la grande photographe brésilienne Claudia Andujar qui, depuis les années 1970, dédie sa vie à la photographie et à la défense des Yanomami, peuple amérindien parmi les plus importants de l’Amazonie brésilienne. A découvrir du 30 janvier au 10 mai 2020.

 

Mini-site spécial confinement – Dans le prolongement de l’exposition Claudia Andujar, La Lutte Yanomami, le mini-site internet https://claudia-andujar.fondationcartier.com entraîne le visiteur dans l’univers de la photographe brésilienne Claudia Andujar et dévoile son engagement pour la défense des droits des Indiens Yanomami. Mêlant enregistrements originaux, photographies et vidéos, ce site offre une expérience narrative sensible en trois chapitres de l’histoire de l’artiste.

À travers une interface dynamique et une navigation singulière, la Fondation Cartier pour l’art contemporain propose une véritable plongée dans les périodes-clés de la vie artistique et militante de Claudia Andujar.

Fruit de plusieurs années de recherche dans les archives de la photographe, cette exposition, conçue par Thyago Nogueira pour l’Instituto Moreira Salles au Brésil, présente son œuvre à travers plus de 300 photographies en noir et blanc ou en couleur dont un grand nombre d’inédits, une installation audiovisuelle ainsi que des dessins réalisés par des artistes Yanomami et des documents historiques. Reflétant les deux versants indissociables de sa démarche, l’un esthétique, l’autre politique, elle révèle à la fois la contribution majeure de Claudia Andujar à l’art photographique et le rôle essentiel qu’elle joue en faveur de la défense des droits des Indiens Yanomami et de la forêt qu’ils habitent.

Je suis liée aux Indiens, à la terre, à la lutte première. Tout cela me touche profondément. Tout me semble essentiel. Peut-être ai-je toujours cherché la réponse au sens de la vie dans ce noyau fondamental. J’ai été poussée là-bas, dans la forêt amazonienne, pour cette raison. C’était instinctif. C’est moi que je cherchais. Claudia Andujar

 

 

Née en 1931 à Neuchâtel, Claudia Andujar vit à São Paulo. Après une enfance en Transylvanie, elle rejoint la Suisse avec sa mère pendant la Seconde Guerre mondiale pour fuir les persécutions nazies en Europe de l’Est. Son père, juif hongrois, est déporté à Dachau où il est exterminé avec la plupart des membres de sa famille. Après la guerre, Claudia Andujar immigre aux États-Unis et s’installe définitivement en 1955 au Brésil, où elle entame une carrière de photojournaliste.

Elle rencontre pour la première fois les Indiens Yanomami en 1971, alors qu’elle participe à un reportage sur l’Amazonie pour le magazine Realidade. Fascinée, elle décide d’entreprendre un travail photographique approfondi sur le monde des Yanomami grâce à une bourse de la Fondation Guggenheim. Son approche diffère nettement du style documentaire de ses contemporains. Les photographies prises à cette période montrent les diverses techniques qu’elle expérimente pour traduire ce qu’elle perçoit de l’expérience chamanique des Indiens Yanomami. En appliquant de la vaseline sur l’objectif de son appareil, en utilisant une pellicule infrarouge ou en jouant avec la lumière, elle crée des distorsions visuelles qui imprègnent ses images d’une certaine surréalité.

La fin des années 1970 marque un tournant dans la carrière de Claudia Andujar. La construction, par le gouvernement militaire brésilien, de la route transamazonienne dans le sud du territoire Yanomami ouvre la région à la déforestation ainsi qu’à des projets de colonisation agricole, et provoque la destruction de communautés entières en favorisant la propagation d’épidémies. Cette situation dramatique n’est pas sans rappeler à Claudia Andujar le génocide auquel elle a assisté en Europe, et cette prise de conscience la pousse à s’engager entièrement dans la lutte en faveur de la défense des droits des Yanomami et de la protection de leur forêt. En 1978, elle fonde avec le missionnaire Carlo Zacquini et l’anthropologue Bruce Albert la Commissão Pro-Yanomami (CCPY) et se lance dans une campagne longue de près de quinze ans pour la délimitation de leur territoire, condition essentielle de la survie physique et culturelle de ce peuple. Son militantisme prend alors le pas sur son travail artistique et la photographie devient pour elle une préoccupation secondaire, dont la vocation est désormais de soutenir la cause des Yanomami.

La Fondation Cartier pour l’art contemporain soutient la cause Yanomami et le travail de Claudia Andujar depuis 20 ans. Claudia Andujar et des artistes Yanomami, tels que Taniki, Joseca, Ehuana et Kalepi ont participé à plusieurs expositions et figurent parmi les artistes de la collection de la Fondation Cartier.

Visites guidées gratuites du mardi au vendredi à 18h (réservations uniquement sur place, le jour même et à partir de 17h).

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